Mercredi 23 juin 2010 3 23 /06 /Juin /2010 17:22

 

p006Comme tous les autres, Momo a voulu faire pareil. Etait-ce par ennui, par curiosité, ou par faiblesse?  Je ne saurais le dire. Mais ce qu’il était loin de se douter, c’est l’impact négatif que son comportement allait avoir  sur notre couple.

 

Je ne me rappelle plus quand est-ce que cela avait vraiment commencé. De petits trucs me rendaient suspicieuse depuis quelques temps. Tel ces dossiers qui le retenaient tard au bureau, le manque d’appétit ou une grosse fatigue qui le quittait plus. La réduction du montant de la popote parce que la société a supprimé certaines primes, et du même coup la suppression totale des petites surprises.

Mais ce qui m’avait le plus frappé à l’époque c’était son regard, d’habitude si franc et perçant était désormais stressé et fuyant.

S’il ne s’agissait que de cela, j’aurais eu la certitude de la présence d’une autre femme dans la vie de mon mari. Mais je doutais. Je doutais parce que l’homme avec lequel je vivais depuis des années n’a jamais été un coureur. Je mettais ce changement de comportement sous le coup de la fatigue. Mais ça ne passait pas. Il était devenu différent. Lui toujours très prévisible devenait impulsif et imprévisible. Parfois, il avait à mon égard des poussées subites de passion, il me suppliait alors : « ne me quitte pas chérie, jure que tu ne me quitteras jamais, je t'aime  » ; et parfois, il semblait ne pas me voir.

Je me demandais s’il ne devait pas prendre un congé pour se reposer. Je lui fis la remarque mais il répondit que tout va bien, en boudant un peu comme s’il me reprochait de ne pas avoir deviné. Je le devrais, mais comme on dit, il n’y a pas plus aveugle que celui qui ne veut pas voir.  

Un soir, rentrant plutôt que d’habitude du bureau, je m'inquiétai de son air particulièrement déprimé. Après que les enfants se soient couchés, on était resté seuls au salon entrain de regarder une émission.

Je lui demandai enfin :

- Chéri, tu n’es pas dans ton assiette aujourd’hui, qu’est-ce qui ne va pas ?

- Quelle question ! Je vais bien ! répondit-il avec humeur avant de se lever brusquement pour aller se coucher .

 Je n’insistai pas. Après l’émission je le rejoignis. Il ne dormait pas mais faisait semblant. Sans aucune autre remarque j’ouvris le livre que je lisais alors, la biographie d’Awa Keita, Femmes  d’Afrique. Je ne me rappelle plus à quelle page j’étais quand il me lança à pic :

- Je t’ai trompé, me dit-il soudain.

Je ne répondis rien. Je cru avoir rêvée éveillée, un instant. Et il répéta. J’essayai de me répéter la phrase pour mieux la comprendre. Même si depuis quelque temps je doutais de lui, je n’arrivai pas à croire que mes doutes étaient fondés. Il a été avec une autre femme, qu'est ce que cela veut-il dire au juste? Dans le lit et les bras de cette femme, une autre que moi ? Non pas lui ! 

Je n’arrivais pas à réaliser l’ampleur de ce qu’il venait de confesser.

Je ne sentais rien, ni peine, ni haine, ni colère, rien du tout. J'étais comme anesthésiée. Je le regardai comme s'il venait de m’avouer une banale faute.

- Depuis combien de temps ça dure ? Et…et qui est cette femme? Lui demandai-je calmement.

Il me regarda, d’abord perplexe. Un peu déçu peut-être par ma réaction, et me répondit d’une voix à peine audible.

- Depuis 6 mois. Mais c’est fini maintenant.

- Qui est-elle ? Comment s’appelle-t-elle ? Continuais-je

- Tu ne la connais pas. Laisse tomber.

- Merde ! Comment veux-tu que je laisse tomber quand tu viens de me cocufier ?! Dit-moi le nom de cette pétasse putain de merde ! Criais-je enfin en colère, d’une violence qui me surprit moi-même. 

Je jurais, je criais; la colère, subitement m’avait prise et j'en suffoquais, de colère mais aussi de peur. Je vivais une situation à laquelle je ne m’étais pas préparée.

- Oui, insulte-moi, je le mérite…Je l’ai bien mérité…vas-y. Dis tout ce que tu as sur le cœur, dit-il enfin soulagé de ma réaction.

Lâche ! Lâche ! Lâche !

- Pourquoi tu as fait ça ?... ? Tu étais amoureux? Lui demandai-je presque maternelle.

- Je ne sais pas. Je ne sais vraiment pas pourquoi je me suis comporté de la sorte. C’est arrivé, voilà tout.  Mais s’il te plait à cause des enfants pardonne-moi. Ne me quitte pas, je t’en pris !

 J’étais déçue et j’en souffrais. Il était mon héros. Je l’avais mis sur un piédestal mais malheureusement il n’avait pas été à la hauteur. J’avais eu tord, ce n’était qu’un homme après tout.

 Je l’aimais et lui faisais confiance mais cela n’avait pas beaucoup servi. Je croyais que la fidélité entre les époux dans un mariage était un acquis. L’adultère, pour moi, était alors un péché impardonnable.

Que j’étais naïve ! Ne m’en voulez pas, j’ai toujours été idéaliste. Et j’avais si peu vécu, avant lui. Le caractère inéluctable de l’infidélité masculine m’échappait encore. Je ne saisissais pas la nuance. Il fallait préciser : l’adultère des femmes est impardonnable mais celui des hommes est bien excusable, ils sont si faibles dans leur chair, nos pauvres hommes.

Momo savait que dans certaine circonstance, j’allais rompre sans me poser trop de questions, mais là, c’était différent. Il était mon mari; le père de mes enfants. Mais avant d’être tout cela, il était d’abord l’homme que j’aimais. Je ne pouvais pas vivre sans lui. Je l’aimais tellement  qu’une séparation, ne serait-ce que de courte durée, m’aurait été insupportable.

- Je ne te quitterais pas.

Et on n’en parla plus.

 Je ne dormis point cette nuit-là, mais lui, après sa fameuse confession commença aussitôt à ronfler. 

Pourquoi m’a-t-il trahi ? Qu’ai-je fait ou que n’ai-je pas fait ? Est-ce de ma faute ? Qu’était-il allé chercher dans les bras de cette femme ? Suis-je une aussi mauvaise épouse ? Peut-être que je ne suis plus séduisante, plus aussi belle? Ces questions me tinrent éveillée toute la nuit.

Je me morfondais et me culpabilisais. Je pleurais sans pouvoir soulager ma peine.

Le lendemain matin, après un petit déjeuner que je pris sans appétit, je m’enfuis chez maman. Mère a toujours été là pour nous. Elle saura trouver des mots pour m’apaiser, m’étais-je dite. Fifi ma sœur, était également là quand j’arrivai.

 

***

 

-         Il t’a trompé, et alors? Venant de lui, j’avoue que cela me surprend mais ne te met pas dans un tel état pour autant. Il a commis une erreur mais tous les hommes en commettent, ma fille. Ce n’est pas la fin du monde, pardonne-le.

-         Mais mère, comment peux-tu dire cela ? Dans quel monde vit-on donc ?!

-         Dans celui-là même qui n’a pas de place pour les faux problèmes. Tu dois te poser la question, dans quel monde tu vis toi? Soit réaliste fillette !

-         Oui Deni, maman a raison. Les hommes sont comme ça. Celui qui te promettra une fidélité éternelle est un menteur, n’y crois pas. Momo s’est confessé, c’est qu’il regrette son acte et c’est très bien de sa part. L’essentiel est qu’il t’aime et qu’il continue d’assumer les charges de la famille. Alors, ce qu’il peut bien faire en dehors du foyer doit te laisser indifférente.

Oui, c'était aussi simple que cela.

-         Ce n’est pas comme ça que je voyais notre relation, notre mariage…

-         Ne t’inquiète pas, tu vas t’y habituer. Au début, on ne le voit jamais de cet œil là mais petit à petit avec le temps on est obligée, en tout cas si on veut garder son homme. Ferme tes yeux sur certains de ses petits défauts et dis-toi qu'il va récidiver. Tu es ma soeur, je ne te dis pas cela pour te blesser mais pour que tu t’apprêtes en conséquence. En femme avertie, j’en connais quelque chose. Que tu sois parfaite ou non, ils vont toujours chercher ailleurs.

-         Non, je refuse cette fatalité, Momo est différent. Il a commis une erreur, ça peut arriver à n'importe qui. Je n’arrive pas à croire qu’il soit un coureur. Peut être… ai-je fait quelque chose?

-         Ce n’est pas de ta faute, ma chérie ! Je te dis qu’ils sont tous pareils, prépare-toi en conséquence, sinon le coup prochain sera dur. Et remercie Dieu qu’il n’épouse pas une autre femme car alors là, ce sera pire.

-         Non, il ne fera jamais cela. Momo n’est pas du genre polygame.

-         Aucun homme n’est au début du genre polygame, surtout quand ils sont amoureux. Et puis la monogamie ça ne veut rien dire maintenant, combien d’hommes mariés sous le régime monogamique ont fini quand même par prendre une seconde épouse religieusement et cela sans l’accord même de la première. Bon ce que je te conseille, c’est de rentrer chez toi et de pardonner à Momo. Tous les hommes ont des petites faiblesses de temps à autre.

Jamais, je n’aurais pensé un jour accepter ces idées, mais je ne tarderais pas à en être une experte à la question.

En quittant ce jour-là mère et ma sœur, je me surpris non seulement à adhérer à leurs idées mais mieux à les cautionner. J’étais même un peu confuse d’avoir fait tout un plat pour une broutille. Je me culpabilisai presque de ma colère. Une petite infidélité, comme Fifi l'a si bien dit, ne devait pas me mettre dans un tel état.

Oui, j’avais presque le sourire aux lèvres, soulagée d’avoir trouvé enfin une noble raison de pardonner à mon Momo chéri…Aucunement honteuse de ma lâcheté.

Je ne jouai pas les difficiles. Pressée de retrouver ma tranquille vie de femme au foyer, je devins même plus attentionnée qu’auparavant . Et à ses petites infidélités devenues de plus en plus fréquentes, je feignais ne rien voir. Je jouai à l'autruche. Il ne rentrait plus souvent à l’heure du dîner mais j’étais toujours prête à lui ouvrir les jambes quand il en demandait. Et ce avec le sourire.

Toutefois, je prenais garde à son regard. CHeureusement, il y brûlait toujours pour moi, cette flamme qui montrait toute l’intensité de ses sentiments…du moins jusqu’au jour où, par une des malices de la vie, elle commença à vaciller. Et Momo me planta le second poignard dans le cœur, un aveu bien plus cruel que le premier.

-         Tu veux qu’on parle de notre relation ? Qu’est ce qui ne va pas ?

-         Ne t’inquiète, ce n’est rien de bien grave, répondit-il en mentant mal.

Et après le dîner, monsieur fit semblant de passer à autre chose. Mais je connaissais trop mon homme pour être dupe. Sous mon instance, m’avoua-t-il enfin :

-         Je suis amoureux d’une autre femme.

-         A…amoureux ?!

-         Oui…je t’aime mais elle aussi je l’aime.

-         Oh Momo, tu vas me tuer! Pourquoi dis-tu de telles choses ! Peut-être que c’est une simple amourette, comme les autres, insistai-je.

-         Non, c’est différent. Ce n’est pas juste une question de…de sexe…je l’aime…

 

Les mots me manquent, les mots m’échappent. Ils échappent à mon contrôle et refusent de se livrer.

Je voudrais tout dire mais ma plume devient soudain lourde.

 les mots lourds,les mots pesants, ils  restent forts et  me troublent.

Le temps a passé.

Un temps pour une fois clément à mes doutes et à ma souffrance; Mais ils gardent toujours en eux, les mots, des émotions que je croyais éteintes.

Prends garde de ne pas les ranimer, Me dicte ma prudence.

C’est impossible de ne pas les livrer, Sait ma conscience.

On s’était juré de toujours se dire la vérité…même les plus difficiles, mais cette fois-ci j’aurais préféré qu’il se taise. Trop tard ! Il me l’avait avoué, mon mari, sans état d’âme, que cette autre femme, il l’aimait. Et comme je savais que Momo est incapable de deux amours, j’ai su alors que le mien  dans son cœur était bien mort. Le temps est traître; les sentiments toujours éphémères. Avais-je le droit de renoncer malgré tout? En avais-je d'ailleurs la force?

 

Mariés pour le pire et le meilleur, les paroles de Bâna résonnent encore dans mes oreilles. Ma petite chérie jusqu’à présent tu vivais le meilleur, il est temps maintenant que tu gouttes au pire. C’est un contrat et tu l’as signé.

Une autre que moi, il en était amoureux mon mari!

Je lui caressai les cheveux avec tendresse. Une  réaction étrange, n’est-ce pas ? Mais quand on aime, on a tendance à faire abstraction de sa propre personne, de sa propre douleur…Etait- ce cela ? Je n’en sais rien. Je n’arrivais pas à le haïr…

Je me contentais de me contrôler en vue de trouver une solution. Mais de solution il n’y en a-t-il quand c’est fini ?… il faut juste l’accepter. Oh ! Mon Dieu !...

Ma chérie soit forte !  

Les mots s’échappent et fuient. Mais que je dois pourtant exorciser ces émotions qui veulent encore m’atteindre…

 J’avais mal, mais au lieu de me préoccuper de ma seule douleur, je m’inquiétais de l’embarras dans lequel cette situation l’avait mis. Comment le prenait-il ? Jamais il ne me parut aussi fragile qu’à cet instant. J’eus pitié de sa peine et sa vulnérabilité m’attendrit. Il était mon partenaire, mon meilleur ami, le compagnon de ma vie, et il était amoureux d’une femme qui le rendait certainement heureux. Devrais-je partager ce bonheur, sinon au moins l’accepter ?

Si sa douleur est la mienne, son bonheur devrait-il l’être aussi ? Mariée pour le meilleur et le pire…et pourtant là je n’arrivai pas, je n’étais  pas assez forte, j’étais affaiblie par ce mal qui me donnait envie de hurler.

J’ai mal ! Il faut garder ta dignité, ma belle. Et cette dignité réside dans ton impassibilité, ton calme. Ha ! Quelle ironie que de parler de dignité à une femme blessée. J’en ris aujourd’hui.

Je  lui caressai les joues mal rasées…  au prix de quel effort ! Au regret de les savoir partager avec une autre. Je lui posai la question tant redoutée, mais il fallait aller jusqu’au bout.

-         Que va-t-on faire ? Tu...Tu veux divorcer ?

-         Non ! Non pas divorcer. Je t’aime  …mais je ne peux pas renoncer à elle. Avec ta permission, je voudrais l’épouser.  

La polygamie ! On en arrive là. Qui l’aurait cru ? Accepter l’existence de cette femme aimée par l’homme que j’aime était une chose, mais lui faire une place désormais dans mon foyer en était une autre, une au dessus de mes forces.

Mais Elle! Qui donc est-elle pour venir troubler l’harmonie de mon couple ?! Cette intruse qui croit avoir le droit de s'immiscer  dans ma vie et dans celle de ma famille !

- Chéri, ne me demande pas cela. Je ne le peux.

- Il le faut pourtant…je ne peux pas vivre sans elle.

 Oh pitié, ne parle pas ainsi. N’as-tu donc aucun égard pour ma douleur? Ne vois-tu donc pas que chacun de tes mots me blesse. Pourquoi me fais-tu tant souffrir ? Ai-je mérité cela ? Je t’aime trop mais ne me demande pas cela.

-         Pourquoi ? Pourquoi as-tu cessé de m’aimer ? lui demandai-je.

-         Mais je t’aime encore…

Foutaises! Des verbes sans plus aucune valeur, qui deviennent presque malsains dans sa bouche. Résiste ma chérie ! Non ! Oh je n’ai plus la noblesse des bonnes épouses, cette noblesse qui consiste à épouser tous les sentiments du mari. Mère, pardonne-moi. L’amour me rend faible ! Mère, je n’arrive pas à ne pas avoir mal !

-         Je ne partagerais jamais mes enfants avec une intruse ! Ni mon foyer d’ailleurs. Je ne changerais pas le contrat de mariage. Ça jamais !

Que Dieu me pardonne cette impudence. Je deviens une femme jalouse qui conteste son mari ; qu’Il n’en tienne pas compte, je ne suis qu’une pauvre humaine après tout, et j’ai mal; qu’Il continue de veiller sur mes enfants, ce n’est pas de leur faute !

 Une femme désespérée devint imprudente. Dans ma douleur j'avais trop parlé. J’avais oublié les recommandations de Bâna, elle désapprouverait ce comportement. Soit patiente ma chérie, attend ton heure, elle ne saurait trop tarder, m’aurait-elle dit.

Mais je ne me contrôlais plus. Je me sentais perdue car j’avais perdu son amour, ma protection. Tel un animal traqué qui ne voit aucune issue, je jouais le tout pour le tout.

 Et il me tourna le dos, mon mari. Et ne me dira plus rien. Depuis ce jour mon mari me tournera toujours le dos. Même si au prix d’inavouables sacrifices je réussis parfois qu'il me fasse face, son cœur désormais, restera toujours de l’autre côté, et …je  devins transparente à ce regard qui savait si bien me voir. 

(A SUIVRE)

Jeudi 17 juin 2010 4 17 /06 /Juin /2010 17:00

Il y a 4ans que j'ai écris cette nouvelle, aujourd'hui je la dédie  à vous mes amis, même ceux dont les noms ne figurent pas ici. Je pense à vous. 

A  Aicha  l’amie d’enfance, sœur de cœur, merci d’avoir toujours ravivé la flamme de notre amitié. A Chata et Hanifa,  les   amies  du Maroc; compagnes des jours heureux et des jours difficiles, ces jours  qui  ont eu le mérite de nous faire grandir. A Fily,la tchadienne aux yeux marrons, continue de m’écrire  même si je ne réponds pas toujours, et de me communiquer encore ta joie de vivre. A Anta la fille peule, tes conseils m’aident à avoir les pieds sur terre. A Jolie la Bamakoise, ma jumelle qui me fit découvrir la capitale, les tontines et le grobinèya à la malienne.A ma complice Oumou, la sénégalaise; nous n'avons pas eu tord de croire aux princes charmants.

A mon ami Mount, le fan des premières heures, le petit frère de valeur , tu n’as jamais été très loin. A Abdou, si loin et si près à la fois, le philosophe des temps modernes, le mec à l’esprit XXL (extra large) qui sait écouter sans  juger. A Papus, le frère, l’ami qui fut  peut-être plus;  nos visions diffèrent parfois  mais ton amitié n’a jamais fait défaut.  À  Kanté,  l'ami qui m'encourage à ne jamais renoncer; tu t’es  donné pour tâche de me révéler à moi-même, merci d’avoir semé le doute dans mon esprit.

A mes amours et à mes désamours


hpim3033Hier, j'ai fêté mes 51 ans avec Marc et les enfants. Depuis 5 ans désormais je fête mon anniversaire. Je n’ai plus d’appréhension. Je n’ai plus d’angoisse. On me dit épanouie, sans doute parce que je ne me soucie plus du temps qui passe. Seul le présent compte, et je profite de chaque instant

Mais hier quand on m’apporta le gâteau d’anniversaire, j’ai compris qu’il était temps de s’expliquer, que pour mieux profiter du présent il suffit simplement d’accepter son passé.

La maison paraît baigner dans un bonheur tranquille. C’est le moment… mais je ne sais par où commencer. Les mots m’échappent à cet instant, même si dans ma tête se bousculent des images ; des images qui veulent enfin sortir. Mes doigts tremblent et les yeux me piquent. J’ai envie de ne retenir de la vie que le bonheur présent et faire table rase d’un passé qui ne me fit pas toujours cadeau. Mais je le sais…Je n’ai plus le droit de l’omettre, il me faut l’exorciser.

Je touche à ce verre d’eau sur le bureau pour me donner du courage, une gorgée qui passe mal et faillit m’étrangler. Je me lève alors  faire un tour, le cœur soudain lourd pour continuer… Les mots m’échappent et fuient, pourtant les souvenirs me harcèlent et se veulent libres ; des souvenirs qui deviennent des cauchemars. Je ne sais comment les dompter.

Au premier étage, dans la chambre du fond, dorment d’un sommeil paisible mes petites filles, les jumelles de ma fille aînée. Elles ont passé la journée avec nous pour que leurs parents puissent passer un week-end tranquille. L’air rêveur, leurs jolis minois me donnent envie de leur faire des câlins. Mais je ne vais pas les réveiller.

La chambre d’à côté, c’est la nôtre. Marc y dort  profondément, son livre de chevet encore ouvert sur la poitrine. Il a oublié d’éteindre la veilleuse. Il émane à cet instant de lui une assurance et une force tranquille qui me donne soudain envie d’être dans ses bras et de partager sa sérénité…Mais pas encore, j’ai tellement de choses à dire.

J’éteins la lampe et sors. Je me sens enfin prête pour continuer.

Cela fait 5 ans que pour la première fois de ma vie j’ai dû prendre une décision difficile mais nécessaire : je divorçai de  mon mari après plus de 20 ans de mariage, un tas d’enfants et une réputation en bien piteux état.

Enfin j’écris…pour moi. J’écris pour témoigner de ces moments de doute et de totale remise en question ; j’écris pour donner mes raisons qui ne seront certainement pour d’autres  que caprices et irresponsabilités.

J’écris pour mes enfants, pour ma fille aînée surtout. Pour qu’elle puisse comprendre et pardonner à sa mère. Aimer les autres est bien mais s’aimer soi-même est essentiel à tout bonheur, qu’elle le sache ; qu’elle ait confiance en elle, qu’elle soit libre dans sa tête avant de l'être vis à vis des autres. Qu’elle sache, qu’avant d’exister en tant que femme elle existe d’abord en tant qu’être humain.

J’écris aussi pour ma mère, qu’elle n’ait plus honte de sa fille. Elle n’a pas péché, seulement pour une fois  elle a eu le courage de dire non. Pourquoi lui en vouloir si elle ne pouvait plus subir ? Cette chaîne de soumission et d’obéissance qui finissait par l’anéantir. Ne doit-on pas pardonner à ses enfants leurs faiblesses ? Oh mère, je n’ai pas eu  ta force. Je ne suis pas aussi téméraire. Aurais-tu préféré ma mort à une affectation que je n’arrivais plus à honorer ? 

J’écris pour mon ex-mari, qu’il ne soit point rancunier ; qu’il sache que je ne lui en veux plus.  L’amour à des raisons que seule la subtilité du cœur permet de comprendre. Je l’ai compris.

J’écris pour ceux qui m’ont jugée un peu vite, mais pas pour leur pardon ni pour leur clémence mais pour leur propre délivrance…

      Je vais écrire donc des mots simples, des mots sans reproche car une peine de cœur est souvent sans coupable. Quand l'amour s'en va comme souvent c'est la cas, c'est malheureux mais nul n'est responsable.

Quand il martela : « Coupable ! », je venais de tout perdre. Ma famille, ma dignité, mes amies mais surtout  la confiance trop  chère de mère. Du haut de son siège, fier et presque arrogant, ce juge me condamnait pour l’un des plus graves péchés du monde. Contents, ils les étaient tous de me faire payer mon crime. En me dépouillant de tout ils avaient réussi …enfin presque, car l’essentiel me restait. 

Il y a donc 5 ans maintenant que je divorçais de mon premier mari pour adultère.De regret, je n’en ai pas. Rien ne me prédisposait pourtant à cette éventualité. J’aimais mon mari; un amour candide né une nuit froide de décembre  d’une façon très banale.

***

 Il faisait un froid sec et pénétrant ce soir du Saint Sylvestre.  Je n’avais pas de cavalier. J’accompagnais donc mon grand frère et sa fiancée en cette nuit glaciale à la soirée organisée par leur chef de « Grin » Solo,à Lafiabougou. Digne dans ma minuscule robe rouge et moulante (les minis étaient à la mode à l’époque), je me sentais capable de discuter l’élégance à toute parisienne branchée, même si je souffrais le martyr à cause du vent glacial.

Après quelques heures passées à danser du soukouss et du salsa pour se réchauffer, mon frère qui n’était pas du tout enchanté de ma présence à leur côté,  disparut avec sa fiancée de la circulation. « On revient dans une demi heure » m’avait-il dit avant de s’éclipser. Quelques heures plus tard, je les attendais toujours quand Solo m’aborda. «  Deni, je te présente mon cousin Mohamed Diallo », me dit-il en me montrant un garçon grand et  maigrelet mais assez charmant pour attirer mon attention.

[…] Un potentiel boy-friend, me suis-je dit, moi qui étais sans compagnon depuis quelque temps. Ainsi, après les amabilités un peu trop longues et de banalités creuses, il finit par me demander une danse. Un slow langoureux qui finit par troubler nos cœurs. Je me surpris de rire à ses blagues, il n'hésita pas de me caresser la joue. Son regard droit et perçant me mettait quelque peu mal à l'aise. Puis, il me dit tout d'un coup: " la beauté d'une femme se trouve au creux de son cou, le sien est gracieux". Je n’aurais jamais imaginé que ce jeune homme avec lequel je flirtais, allait devenir deux ans plus tard mon  mari.

Depuis cette nuit-là, je l’appelai désormais  Momo. 

***

Momo et moi, nous nous mariâmes un  jeudi matin à la mairie de la commune III, juste avant le début du mois de ramadan de cette année-là. Je venais d’avoir ma maîtrise en économie à l’Ecole Nationale d’Administration, et Momo travaillait déjà dans un organisme américain avec son diplôme d’ingénieur en génie civil.

On enviait notre bonheur. Qu’on était heureux.

- Aimez-vous la mariée ?

- Oui !

La réponse avait été dite trop fortement et trop rapidement. Les invités éclatèrent d’un rire géné. Mais ils savaient tous présents dans cette salle restreinte de la mairie que c’était une évidence.

Notre amour était fusionnel. Liés comme deux doigts d’une main, on ne voyait pas l’un sans l’autre; on  ne nommait pas non plus l’un sans l’autre. Nos amis nous appelaient : «  Momo ka Deny » ou « Deny ka Momo ». Nous étions les meilleurs amis avant d’être des amants. Notre mariage ne les avait guère surpris. C’était une évidence.

Nous signâmes la monogamie avec communauté de biens.  Il y eut quelques murmures désapprobateurs, mais on pouvait tout nous permettre, tout nous pardonner. Signer un tel engagement était une audace à l'époque, car très critiquée même aujourd’hui. Mais ils nous laissèrent faire. On était si jeune et si amoureux. Si beaux.

Nous avons signé pour le meilleur et pour le pire, un pacte sacré dont notre jeunesse ne nous permettait pas encore de saisir l’auguste sens. Tout ce dont nous étions sûrs, c’est que nous voulions vivre ensemble pour toujours. Non, nous ne  pouvions pas savoir que se dire oui toute la vie ne serait pas un travail aisé.

 

***

 

J’ai  signé pour le pire et le meilleur. Je ne pouvais pas savoir que souvent dans le mariage c’est surtout le pire qu’on vivait. La magnabaga le savait-elle? Peut-être, sinon toujours est-il que pour ma nuit de noce elle me réserva, avec tout son savoir faire, un soin méticuleux sans négligence aucune. En plus de nombreux conseils  qu’elle me prodigua sur le mariage, sur le besoin nécessaire de soumission et d’obéissance à son époux pour l’harmonie de tout foyer, elle m’enseigna aussi la meilleure façon de lui plaire par la coquetterie, mais surtout par une intelligence subtile, la ruse. « Une femme rusée n’aura jamais de problème ni avec son mari, ni avec sa belle famille, d’autant plus qu’elle saura toujours faire ce qu’il faut pour leur plaire » ne cessait-elle de me répéter. « N’hésite pas à être hypocrite si cela s'avère nécessaire, il faut leur faire croire que c’est eux qui commandent, alors ta vie d’épouse sera sans  heurts et tu pourras faire ce que tu veux.». 

Pour ma part, ce n’était pas un problème vu que les sentiments que j’éprouvais envers ma belle famille étaient naturels et sincères. […] D’ailleurs, comment ne pas aimer la famille de celui qu’on aime ? Sentimentale comme toujours, ma réponse était affirmative, évidemment.

«  Le mariage n’est pas un jeu d’enfant ma fille, il faut être patiente. Les hommes sont souvent orgueilleux et égoïstes mais si fragiles.  La force d’une femme réside dans son intelligence, dans ses « fèrè ». Ne dit-on pas que derrière tout homme fort il y a toujours une femme ? le mariage est un combat.».

Hum, le mariage est un combat, me disais-tu ma bonne Bâna, mais moi je n’ai jamais su être un bon stratège. Si aimer  pouvait suffire?...Il doit suffire.

Voulant toujours bien faire les choses, tu m’enseignais quelques « kilissi » pour avoir toujours son amour et la fidélité de son époux, mais je ne les retenais guère Bâna, un sentiment qui perd de son authenticité ne mérite plus d’être vécu. Me disais-je.

En effet, si  je t’écoutais avec toute l’attention d’une enfant bien éduquée, je n’adhérais point à toutes tes idées. En me mariant à Momo je ne suivais pas un plan, les choses avaient évoluées d’elles-mêmes d’une façon très naturelle. On s’aimait et pour moi cela suffisait à surmonter tous les obstacles. Ma conception du mariage était telle que la notion de domination devenait complètement insensée.

      Mais, je m’empressais de prendre avec toi ces ceintures de perles parfumées. Je leur trouvais une petite note d’exotisme et d’originalité pour réchauffer les intimités avec mon amoureux. Et les petits pagnes, « les peudellou », je les pris également. Attachés avec les ceintures de perles ils étaient d’une sensualité beaucoup plus sauvage     que les nuisettes envoyés par ma tante du France. 

Ces encens que tu savais si bien faire, servaient, me disais-tu, autant à parfumer les intérieurs, les habits mais aussi à éveiller l’appétit des maris les moins zélés au lit, de part son subtil parfum qui agirait sur eux comme un heureux aphrodisiaque. Les premiers mois de mon mariage j’en abusais. Si leurs effluves me plaisaient, j’appréciais surtout leur effet bénéfique sur mon Momo chéri.

Oui, dans la chambre nuptiale, j’aimais beaucoup causer avec Bâna (elle savait tant de choses), mais quelque fois j’aurais aimé qu’elle soit moins bavarde, surtout quand Momo et moi avait besoin d’intimité pour parler de nos futurs projets. Pour savourer cette semaine si précieuse dans la vie d’un couple, 7 jours me paraissent bien peu pour  un tel bonheur.

      On se dit tant de choses dans une chambre nuptiale; aucune promesse n’est trop grave pour être prise. J’aurais aimé que cela dure une éternité mais au deuxième jour on se pointa à la porte, c’est la coutume, et la griotte cria quand Momo leur dit que j'étais vierge. Et je l’étais en effet, mais une fierté bien secondaire face à la tendresse que Momo me couvrait.

Il m’avait juré, celui qui devrait être toujours mon mari, son amour et sa fidélité. Mes vœux étaient exaucés. J’étais mariée à un homme que j’aimais et qui m’aimait. Que demander de plus ?

 

***

Mon foyer était sans histoire, il baignait dans un bonheur calme. Les enfants étaient heureux dans ce cocon d’amour. Je ne travaillais pas à l’époque. Après la naissance de mon premier garçon, comme Momo était très bien payé par sa société on décida que je reste à la maison m’occuper des enfants. Une décision qui me frustra au début certes, car j’étais la seule de ma promotion à être sans emploi, j’enviais mes amies qui travaillaient, leur autonomie et leur indépendance financière vis-à-vis de leurs époux. Mais mère m’encouragea dans ma décision, selon elle la place d’une mère était auprès de ses enfants.

Nous eûmes  7 enfants en quelques années de mariage, et sans la mise en garde du médecin cela aurait pu continuer. J’aime les enfants, Momo également. Leur éducation, nous le faisions ensemble. Il était un bon père, tendre mais sévère quand il le fallait.

Je m’appliquai à avoir toujours mon intérieur bien ordonnée et agréable à vivre malgré les turbulences des petits. J’avais fini par prendre goût à mon rôle de femme au foyer et je m’y appliquais. On disait nos enfants bien éduqués et respectueux. Ils faisaient ma fierté.

Et quant à ma belle famille, j’étais une de leur bénédiction. Sans histoire et toujours prête à rendre service, ils me trouvaient bien meilleure bru que d’autres, les belles-soeurs de Momo qui ne m’aimaient guère d’ailleurs pour cela. Je me sentais comme un membre à part entière de la famille Diallo. Ma belle-mère, délectant les cadeaux que je lui faisais de temps à autres ne pouvait imaginer ma joie, ma fierté, quand à sa demande les griots de la famille, lors des cérémonies, me louaient en Mme Diallo. Qu’ils savaient si bien chanter alors : Mme Diallo, Mme Diaaaaaallo !…Diallo ka chérie !!!!! Alors les cheveux se dressaient sur ma tête et j’en avais la chair de poule. Que j’aimais ces moments là.

Momo n’était pas à  plaindre non plus de sa petite famille, l’embonpoint qu’il affichait depuis notre mariage était une preuve assez marquante, et cela au grand plaisir de sa mère. Je ne lui causais aucun souci majeur, bien au contraire. Il me rendait heureuse alors pourquoi tout gâcher par des mesquineries? La popote était gérée avec prudence ; je refusais d’adhérer aux tontines des amies pour éviter des dépenses supplémentaires à mon époux. Et parfois, il aimait s’en flatter devant ses amis.

Il m’aimait, me regardait de ce regard que seul lui sait le faire. Il me cajolait et avait toujours cette habitude depuis nos fiançailles qui consistait à me faire d’agréables surprises, comme par exemple cacher des petits mots câlins un  peu partout, sans oublier les petits cadeaux dont il me couvrait de temps à autre sans raison aucune. Cela suffisait pour faire mon bonheur. Cela suffisait pour que je continue de l’aimer.

Cette vie un peu morose m’avait rendu quelques peu paresseuse. Je me laissais aller à la quiétude de mon foyer, me contentant de l’éducation des enfants et du confort de mon mari.  Quand les enfants furent assez grands pour se débrouiller seuls,  je n’avais plus envie de chercher un emploi. Moi qui étais friande de l’air tamisé des restaurants et dancing, préférais désormais passer les soirées à la maison à regarder des films. Momo partait  souvent au « grin » prendre du thé avec les copains, mais ne rentrait jamais très tard.

[...]

      Avec mes nombreuses maternités, j’avais pris du poids. Mais rien de bien grave, Momo semblait apprécier. J’affichais les rondeurs et les attitudes langoureuses des femmes d’orient ; je préférais désormais des complets en pagne qui allaient avec mon nouveau physique à  mes jupes, pantalons et autres robes devenues moins confortables. Et cela à la grande satisfaction de maman, qui trouvait ces habits occidentaux inconvenants avec mon statut d’épouse et mère. Je perdis également d’un peu de ma coquetterie, je ne me maquillais plus tellement, je pensais ne plus avoir besoin de ces artifices pour qu’il continue de m’aimer telle que je suis. Mais sans grand abus, je continuais d’utiliser régulièrement les encens commandés avec ma fournisseuse Sarakolé. Je ne pouvais plus m’en passer.

On doit se demander si la vie n’est pas jalouse de nos moments de bonheur et que c’est pour cette raison qu’elle nous joue parfois de mauvais tours. Je ne vais pas tarder à me poser la question.

(A Suivre...)

Lundi 19 avril 2010 1 19 /04 /Avr /2010 16:42

Juste quelques mots et me voilà trahie ; La plume est traite, un rien indiscrète. Impudique, elle me livre jusque  dans ma divine nudité. Elle se fiche de ma vaine couverture puisqu’au plus profond de mon âme elle sait lire.

La voie n’est pas tant aisée  comme je le cru jadis, quand je cherchais  en vain une issue discrète à ma fuite.

Ne se confier à personne mais s’adresser à tous, je ne faisais que cacher ma face pour mieux dévoiler mon âme. Mais Puisque que pour moi il ne peut  être qu’ainsi: Me voilà donc devant ma glace…

Mardi 16 mars 2010 2 16 /03 /Mars /2010 12:18

fleur-de-lys22

Ces désirs qui torturent.

Ma vie sensée rose  sent parfois le lys,

Je crie, je pleure, Je rie,  

Et souvent je ne fais rien.

 

Mais  ce parfum qui s’éloigne…

En ce moment, n’allège guère mon chagrin

 

Tu  vas devoir partir

Et moi je suis sensée survivre

A  ce baiser furtif

Que tu m’as laissée comme un Adieu….

 

La main possessive,

Les lèvres folles et pressantes,

Le désir fulgurant, nous faisait danser du tango

Sur des airs de passion ;

 

Je dansais donc,

avec ardeur et par amour,

Je dansais donc, cette musique compromise,

Ma limite permise.


 

Tu cherchais ma donne,

Mais close comme une valise de dot,

je ne pouvais t’être plus généreuse,

N’ayant pas la clé, je ne pouvais t'offrir que ce baiser .

 

Mardi 16 mars 2010 2 16 /03 /Mars /2010 12:04

Si je pouvais ne pas pouvoir aimer

Si je pouvais ne pas pouvoir désirer

 Si je pouvais à jamais castrer mon corps et mon âme

Des désirs de ce monde

 Si je pouvais être sans être

Esprit sans âme à repentir 

Si je pouvais ne rien ressentir 

Oh Dieu que ma vie aurait été  bonne

Que mes amours auraient été  simples

Que le monde m’aurait parue plus supportable

Et tout ceci serait un non sens

Mais  en moi aucune souffrance…

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